Fabrice Jeandesboz : “Comme une évidence…”

Publié par ComitéBzh le

Fabrice Jeandesboz, à quand remonte votre décision de raccrocher le vélo ?
Lorsque j'ai pu revenir en compétition (lors du Tour de Castille-et-Leon) en mai après ma fracture du cotyle (en janvier), j'ai commencé à y penser sérieusement. Au départ de la première étape, je me suis dit que je pouvais m'arrêter…
A partir de ce moment-là, ça m'a trotté dans la tête, j'ai commencé à y penser sérieusement. J'ai continué les courses, j'ai souffert et lors d'une étape du Tour de Wallonie fin juillet, sous la pluie, j'ai vu que j'étais tétanisé par la peur. J'ai compris que cela ne servait à rien d'insister. La veille, j'avais appelé ma femme pour lui dire que j'allais arrêter.

 

Vous auriez pu arrêter, mi-janvier, après votre fracture du cotyle lors du stage de Direct Energie en Espagne…
Oui, c'est vrai. En fait, je me suis laissé le temps. Je préférais attendre de voir comment je récupérais avant de prendre une décision. Finalement, la rééducation s'est très bien passée alors que j'étais assez pessimiste. J'ai pu reprendre appui plus rapidement que prévu et lorsque je suis remonté sur mon vélo de route, début avril, j'ai vu que ça allait. J'ai beaucoup moins galéré qu'il y a trois ans, lors de ma fracture du trochanter. Du coup, mon retour à la compétition s'est fait assez naturellement. Et puis, on est des sportifs de haut niveau, il y a toujours ce challenge de revenir.

 

Quel bilan faites-vous de vos neuf saisons chez les professionnels ?
Je suis satisfait de ma carrière, j'ai disputé trois fois le Tour de France, la course de référence, j'ai couru deux Tours d'Espagne. Quand j'ai terminé 17ème de la Vuelta après être revenu de blessure, c'était quelque chose de fort. Je n'ai jamais marché aussi bien que là-bas. Avant cela, j'avais terminé deuxième de la Polynormande et deuxième d'une étape du Tour de l'Ain. J'avais un gros niveau, cet été-là.

 

Votre carrière a été marquée par les blessures. Vous avez toujours fait preuve de beaucoup de courage…
Il y a eu des moments difficiles. Quand j'ai chuté à Cholet en 2014, j'ai énormément souffert. Je ne souhaite ça à personne. Je me suis battu pour retrouver un bon niveau et c'est la raison pour laquelle j'ai pris énormément de plaisir en 2015. Je savais d'où je venais. Je suis souvent tombé, cela fait partie du vélo. C'est comme ça.

 

Quel est votre meilleur souvenir ?
Il y en a deux. La Vuelta 2015 où je me suis épaté. Je ne pensais jamais pouvoir suivre des coureurs comme Valverde en montagne. Sportivement, c'est mon meilleur souvenir. Je garde également un souvenir particulier de ma victoire sur Manche-Atlantique lors de la première année chez les pros. J'avais dédié ma victoire à ma mère. Je n'ai pas décroché de victoire chez les pros, j'ai juste gagné une étape du Rhône-Alpes Isère Tour, une épreuve de classe 2. J'ai obtenu plusieurs top 10, pas de succès.

 

Et le pire souvenir ?
Ma chute à Cholet en 2014. Sans hésiter. Je l'ai dit, je n'ai jamais autant souffert. En plus, je revenais d'une blessure au trochanter. Je n'attendais qu'une chose ce jour-là, que l'on m'endorme. La douleur était atroce. Sans bouger, j'avais mal.

 

Savez-vous de quoi sera fait votre avenir ?
Pas encore. Je vais sans doute faire un bilan de compétences à l'issue de la saison. J'ai un BTS comptabilité mais je ne me vois pas forcément poursuivre dans cette direction. Pourquoi ne pas rester dans le sport… A voir.

 

Article paru dans La Bretagne Cycliste, Abonnez-vous en ligne